Physico-Chimie de la Combustion

Responsable : Abderrahman EL BAKALI
Co-responsable : Guillaume VANHOVE

L’Equipe de Recherche "Physicochimie de la Combustion" s’intéresse aux mécanismes chimiques liés à la combustion, qu'il s'agisse de formation et/ou de destruction de polluants (tels que les oxydes d’azote, les suies et leurs précurseurs dans les flammes, ou les hydrocarbures imbrûlés), ou de l’auto-inflammation de combustibles. Pour ce faire, l'équipe déploie une variété de dispositifs expérimentaux équipés de moyens d'analyse chimique et de diagnostics optiques avancés, et emploie ses résultats dans la validation de modèles physico-chimiques de la combustion. Ces recherches trouvent ainsi naturellement leur application dans les problématiques actuelles de réduction des émissions polluantes et d'augmentation de rendement des systèmes basés sur la combustion (moteurs automobiles, aéronautiques, chaudières,...).

Une nouvelle thématique transversale entre les équipes Physico-Chimie de la Combustion et Physico-Chimie de l'Atmosphère, dédiée à l'étude des propriétés hygroscopiques des particules de suies et leur impact sur la formation de glace, est engagée.

Les recherches sont développées au sein de trois axes de recherche :

Axe 1 : Autoinflammation et combustion de basse température
Axe 2 : Flammes : Diagnostics laser et mécanismes chimiques
Axe 3 : Suies et aéronautique

Les Personnels

Chercheurs CNRS : Pascale Desgroux (DR), Alessandro Faccinetto (CR), Xavier Mercier (CR, HDR), Luc-Sy Tran (CR)
Enseignants-chercheurs U.Lille : Abderrahman El Bakali (PR), Laurent Gasnot (PR), Jean-François Pauwels (PREm), Eric Therssen (PR), Guillaume Vanhove (MCF, HDR)
Personnels ITA-CNRS et IATOS-Lille : Nathalie Lamoureux (IR, HDR)
Post-doctorants : Kae Ken Foo (Climibio), Dorra Khiri (Climibio), Hwasup Song (Total),
Doctorants : Peir-Henri Chevalier (ONERA), Mouad Daoudi (IFPEn), Quan-Hong Do (CaPPA/Région), Jean-Pierre Dufitumukiza (ONERA), Carolina Sampaio Mergulhao (ADEME/Région Hauts de France), Thomas Panaget (MESRI)

DR : Directeur de Recherche CNRS ; CR : Chargé de Recherche CNRS ; PR : Professeur des Universités ; PREm : Professeur des Universités Emérite ; MCF : Maître de Conférences ; HDR : Habilité à Diriger des Recherches ; IR : Ingénieur de Recherche ; IE : Ingénieur d'Etude ; AI : Assistant-Ingénieur ; T : Technicien

Principaux Equipements et Savoir-faire

  • Machine à Compression Rapide
  • Brûleurs de prémélange et de diffusion, basse pression et pression atmosphérique
  • Méthodes analytiques (GC-FID/TCD/MS, IRTF)
  • Diagnostics de spectroscopie laser (LIF, CRDS, LII, JCLIF)
  • Métrologie de particules (nano-SMPS)

Contrats et collaborations en cours

  • Projet ANR CEBIC
  • Contrat industriel Total
  • Contrat de Plan Etat/Région CLIMIBIO
  • Programme européen H2020 PEMS4Nano
  • Labex CaPPA

Liste des thèses en cours

Mise en évidence et caractérisation des espèces chimiques à l'origine de la nucléation des particules de suies dans les flammes

 

La formation des particules de suies dans les processus de combustion est une problématique de recherche majeure du fait de l’impact négatif de ces composés sur notre santé et notre environnement. Le lien entre l’ingestion de ces particules et certaines pathologies touchant principalement les voies respiratoires est en effet bien établi et il est également avéré que ces particules participent notablement au réchauffement climatique. C’est pourquoi leur taux d’émission au sortir de dispositifs mettant en jeu des processus de combustion (réacteurs d’avions, moteurs thermiques ou hybrides des véhicules terrestres ou maritimes, chaudières à bois…) est de plus en plus règlementé. Ainsi, pour développer des technologies moins polluantes et limiter ces émissions, il apparait donc indispensable de connaître les processus chimiques responsables de la formation de ces particules.

Or, l’état de l’art concernant ces mécanismes chimiques fait apparaître de nombreuses carences notamment dans la nature des espèces chimiques impliqués et des voies réactionnels mises en jeu. Plus particulièrement, l’étape de nucléation, qui est l’étape cruciale de ces mécanismes puisqu’elle correspond à la transformation des précurseurs gazeux en particules de suies solides, soulèvent de nombreuses questions et interrogations. Actuellement, plusieurs hypothèses sont envisagées dans la littérature mettant notamment en jeu la formation d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAPs) et potentiellement celle de dimères de HAPs, mais sans aucune réelle certitude.

Pour tenter d’apporter des réponses à ces questions, nous proposons au cours de cette thèse de mettre en œuvre un certain nombre de dispositifs expérimentaux innovants et complémentaires afin d’obtenir un panel de données suffisamment conséquent pour permettre la caractérisation des principales espèces moléculaires et voies réactionnelles impliquées spécifiquement dans le processus de nucléation. Il est notamment envisagé d’associer des techniques laser de hautes sensibilités pour la mesure des HAPs et dimères de HAPs (fluorescence induite par laser (LIF) / fluorescence induite par laser en jet froid (JCLIF)/ absorption IR après photodissociation) associées à des techniques de spectrométrie de masse de pointe (TOF-SIMS). Ces mesures seront principalement réalisées dans la zone de nucléation de flammes de diffusion. Parallèlement à ces mesures, un travail de caractérisation inédit de la spectroscopie des dimères de HAPs, générés par collisions au sein d’un jet supersonique, sera également engagé. L’obtention de cette base de données permettra ainsi l’analyse très fine des spectres de fluorescence obtenus en condition de flamme. Des analyses supplémentaires sont également envisagées dans le cadre de cette thèse au synchrotron SOLEIL (Gif-sur-Yvette). Les processus de formation des suies reposent sur des mécanismes physico-chimique d’une grande complexité. Cette complexité implique la mise en œuvre de dispositifs expérimentaux variés et complémentaires pour aboutir à une caractérisation précise de ces phénomènes, comme nous le proposons à travers ce sujet de thèse.

Doctorante : Jessy ELIAS

Programmes de recherche en lien avec le sujet : CPER Climibio / Labex CAPPA

Mots clés :   Suies, HAPs, nucléation, combustion, diagnostics laser

Responsables : Xavier Mercier, Alessandro Faccinetto

Financement :  Ademe / Région

Soutenance prévue : 2022

Experimental kinetic studies of assisted low-temperature combustion in stabilized cool flames

 

The future of combustion engines is dependent on significant reduction in pollutant emissions, as well as improvement in fuel efficiency and substantial reduction in fuel consumption. Controlled initiation of the combustion is a crucial step towards these goals, with wide ranges of application including piston engines, constant volume combustors, gas turbines and aeronautic engines. In all these cases, reproducible initiation of the combustion phase is sought, multipoint or volumetric ignition being preferred. However, fuel ignition is highly dependent on the chemical kinetics associated with Low Temperature Combustion (LTC).

The chemical mechanisms relevant to LTC include the formation of unstable peroxides, the structure of which reflects the initial fuel. The reactivity of a fuel in this temperature regime is therefore highly constrained by its structure. This is also true for next generation biofuels, whose oxidation pathways can be strongly different from “traditional” fossil fuels.

To ensure volumetric ignition, recent work has shown that nanosecond discharges can induce multipoint ignition in high pressure environments through the formation of excited species and radicals that accelerate both the high temperature and low temperature combustion kinetics. In some conditions, it has recently been shown that nanosecond barrier discharges can initiate cool flames by stimulating the LTC chemistry. There is therefore a need for further clarification of the interaction of plasma and LTC kinetics.

A burner operating between atmospheric and higher pressures, equipped with a high voltage electrode to produce nanosecond plasma discharges or seeded with ozone, will be built and characterized. Detailed structures will be obtained for stabilized cool flames, using the following spectroscopic and chemical methods: Planar Laser Induced Fluorescence (PLIF) of formaldehyde will be used to measure the relative concentration profile of this species, which is directly associated to LTC chemistry. For modeling purposes it is crucial to determine the temperature profile in between the burners, so NO LIF thermometry will be used. To gain insight on the stable species formed in the cool flame, samples will be extracted from the flame front using a quartz sampling microprobe, and analyzed by means of gas chromatography, yielding qualitative and quantitative information on the LTC chemistry intermediates. These preliminary data will be used to validate a kinetic model of the LTC chemistry of DME in these conditions.

Doctorant : Thomas Panaget

Programmes de recherche en lien avec le CPER Climibio

Mots clés : Low Temperature Combustion, Cool flames, Laser diagnostics, Chemical kinetics

Direction de thèse : Guillaume Vanhove          

Financement : MESRI

Soutenance prévue en 2022

 

Développement d'une procédure de mesure par absorption pour contrôler les émissions particulaires provenant des moteurs à combustion internes.

 

Les particules présentes dans l’atmosphère sont responsables de la dégradation de la qualité de l’air. Elles entraînent un niveau élevé de maladies respiratoires et cardiovasculaires, voire de mortalité. Une partie importante de ces particules est émise par les processus de combustion, notamment les moteurs. Pour limiter ces émissions, il est nécessaire de disposer d’outils permettant de qualifier ces particules. Dans ce cadre, IFPEN a développé un système de mesure optique basé sur les phénomènes d'absorption. La réponse de ce système de mesure en présence de certaines particules est à approfondir dans le cadre d’une thèse.

La première phase de la thèse doit permettre au doctorant (e) d’acquérir une connaissance solide sur les particules carbonées ainsi qu’une vision claire et exhaustive des différentes méthodes de mesure et de caractérisation de ces particules, qu’elles soient présentes dans l’atmosphère ou à l’émission des moteurs. Une attention particulière sera portée sur les méthodes de caractérisation des particules par absorption dans l’UV. L’objectif ici sera d’appréhender la physique de l’interaction lumière matière d’intérêt pour notre étude

La seconde phase de la thèse portera sur la réalisation d’expériences dans un réacteur de laboratoire, représentatif d’une ligne d’échappement de moteur, et permettant d’acquérir une base de données nécessaire à la compréhension des phénomènes physiques en jeu. Les particules présentes dans l’échantillon étudié seront caractérisées en taille et en nombre par des appareils de référence (SMPS, DMS…). Les caractéristiques physiques (forme, structure) et chimiques des particules (composition) seront obtenues en s’appuyant sur les outils analytiques dont disposent IFPEN et le laboratoire de Lille. Cette phase est le cœur de la thèse car elle permettra de relier le signal d’absorption observé aux caractéristiques des particules ainsi que de définir le domaine de validité de notre approche.

Doctorant : Mouad Daoudi

Localisation : IFP Energies nouvelles, Rueil-Malmaison

Programmes de recherche en lien avec le CPER CLIMIBIO et le Labex CaPPA

Mots clés :         Absorption, particules, diagnostic optique

Pour en savoir plus (français, english)

Financement  : 100 % IFPEN

Encadrant.e.s : Pascale Desgroux (PC2A), Alessandro Faccinetto (PC2A), Matthieu Lecompte (IFPEN)

Soutenance prévue : 2022

Développement des techniques optiques pour la caractérisation in-situ de la suie dans des foyers de combustion haute pression

The predicted significant growth in air traffic urges for new research in combustion, particularly in two directions: 1) to improve fuel efficiency which copes with diminishing fossil resources and 2) to curb down combustion emissions with respect to environmental and climate issues. The solution to the first issue seems to lie in combustion at higher temperatures and pressures but this can have a negative impact on the second issue particularly concerning soot emissions. ONERA can play a key role in this research as it has a long experience in combustion studies carried in its large panel of facilities and with the help of non-intrusive optical diagnostics tools. The objective of the thesis work is to extend and/or develop the techniques, which can characterize soot formation and emissions at high temperature and pressure conditions. Laser Induced Incandescence (LII), sensitive to soot particles, is the key technique on which efforts will be concentrated. However, the coupling of LII to other techniques can be quite helpful to complete our understanding on soot kinetics. These complementary tools are Laser Induced Fluorescence (LIF), a technique used to detect soot precursors and other combustion parameters like OH, Laser Extinction (LE) which can help distinguish different soot types using different excitation/emission wavelengths and quantify the LII signal and Soot Spectral Emissions (SSE) that is used for soot temperature estimations. The experimental work will start by studying the coupling of these techniques in well-known atmospheric pressure conditions (McKenna and/or classical burners). Then, gradually, their response will be studied at higher pressures on a monodisperse burner implemented on a 20 bar high-pressure chamber and further on a newly research test rig (MICADO). In order to extend the feasibility of the techniques they will be implemented on other available test rigs at ONERA, which are working at pressures as high as 60 bars.

Doctorant : Jean-Pierre Dufitumukiza

Programmes de recherche en lien avec le sujet : CPER Climibio / Labex CAPPA

Mots clés :   Suies, HAPs, nucléation, combustion, diagnostics laser

Responsables et coordonnées : Xavier Mercier (PC2A), Cornelia Irimiea (ONERA), Nicolas Fdida (ONERA)

Financement :  ONERA / CNES

Soutenance prévue en 2022

 

Développement de l’imagerie LIF sur l’aluminium pour la caractérisation de flammes de propergols solides aluminisés

 

Un axe important de la compréhension des oscillations de pression générées dans les moteurs fusées est la prise en compte de la combustion de l’aluminium dans l’écoulement. Sa modélisation fine en ambiance propergol requiert des données expérimentales mesurées in situ qui sont rares en ambiances réelles (température, pression, gaz de propergol) à cause des conditions hostiles propres à ces milieux.
La fluorescence induite par laser appliquée à l’aluminium atomique (LIF-Al) est étudiée à l’ONERA au département DPhIEE (Physique, Instrumentation, Environnement, Espace), pour répondre aux contraintes de ce type de flammes. Depuis peu, elle vient d’être démontrée pour la première fois dans une combustion de propergols solides aluminisés grâce au soutien d'un projet R&T CNES de 2017 (RT-CT-1510000). L’atome d’aluminium produit une fluorescence intense facilement détectable dans ce type de flammes, malgré la très forte luminosité intrinsèque liée à la présence de particules incandescentes et à la température élevée, et malgré la forte pression responsable de pertes en signal de fluorescence.
L’étude expérimentale et théorique du processus LIF dans l’atome Al en phase vapeur, a été réalisée récemment dans le cadre de la thèse de G. Vilmart (ONERA, 2014-2017) à l’aide d’un laser impulsionnel nanoseconde à un taux de répétition élevé (10 kHz). Avec le soutien du CNES au travers d'un projet R&T, l'imagerie par LIF sur Al (PLIF-Al) a été transposée pour la première fois à des flammes de propergols aluminisés de recherche, à petite échelle (sur un banc de combustion de l’ONERA-Palaiseau). Ces essais ont fourni des images exploitables jusqu’à 10 bars. La cadence d'acquisition de 10 kHz permet de faire un suivi temporel des particules. Ces premières images sont très encourageantes pour poursuivre les développements et l'exploitation des informations données par ce moyen d’analyse.
La proposition de thèse s’oriente vers une caractérisation expérimentale plus complète de la combustion de gouttes d’aluminium en ambiance propergol à l’aide de la PLIF-Al. Notamment, une ou des stratégies expérimentales doivent être étudiées pour observer l’évolution des particules (inflammation, combustion, extinction) depuis la surface du propergol et dans la flamme via différents paramètres (comme vitesse, trajectoire, forme et taille, phases liquide et vapeur, etc.) qu’on cherchera à déterminer. Une recherche plus amont, concerne la poursuite de l’étude de spectroscopie LIF (en s’appuyant sur les résultats de la thèse de G. Vilmart), qui doit contribuer à parfaire l’analyse des images pour en tirer des variations de concentrations avec les conditions de pression et de composition du propergol. Il s’agit notamment de progresser sur le calcul des propriétés du signal en fonction de la pression (effets collisionnels) de la température, et aussi de la prise en compte de l’absorption en milieux denses. Une recherche des signatures LIF, d’autres espèces chimiques impliquées dans la modélisation de la cinétique de combustion, sera entreprise pour pouvoir les mesurer à terme. La visualisation des gouttes d’aluminium sera améliorée par l’apport de perfectionnements pour permettre la mesure à pression plus élevée avec un meilleur contraste (signal/fond augmenté), sur des particules isolées (images zoomées). La discrimination des signaux émis par la phase liquide et la phase vapeur sera étudiée ; le profil de la vapeur étant primordial pour la compréhension de la cinétique de combustion, par exemple, en couplant les diagnostics par LIF et diffusion de Mie.
Ce projet de thèse inclut une partie traitement des données qui sont enregistrées en grande nombre (jusqu’à 10000 images sur une durée de combustion) à partir d’abord d’outils disponibles à l’ONERA (par ex. ceux issus de la thèse de M. Nugue) puis éventuellement d’outils spécifiques pour réaliser un suivi temporel de gouttes durant leur combustion. Ce suivi permettra d’étudier l’évolution de paramètres précis à déterminer en cours d’étude, mais qui pourront être le diamètre de la goutte, le signal d’Al gazeux, la disparition de l’aluminium gazeux indicateur de la condensation en oxyde d’aluminium, etc. L’interprétation de ces données sera réalisée en synergie avec d’autres analyses déjà disponibles à l’ONERA, obtenues par ombroscopie et par simulation de la combustion instationnaire de gouttes isolées.
Une nouvelle R&T CNES 2018 (PIC 02 ODP) a été soumise pour permettre la montée en maturité de la méthode LIF-Al grâce à de nouveaux essais de combustion de propergols.
L'encadrement scientifique et technique du doctorant est assuré par le laboratoire d'accueil (ONERA-centre de Palaiseau). Le directeur de thèse appartient au laboratoire Physico-Chimie des Processus de Combustion et de l'Atmosphère (PC2A), UMR CNRS/USTL 8522 de l'Université de Lille1, rattaché à l'école doctorale des Sciences de la Matière, du Rayonnement et de l'Environnement (SMRE, université de Lille). Un cofinancement CNES, Direction des Lanceurs est demandé.

Pour tout renseignement complémentaire, voir le document suivant (pdf)

Direction de thèse : Xavier Mercier (PC2A), Nelly Dorval (ONERA), Robin Devillers (ONERA)

Doctorant : Pier-Henri Chevalier

Financement : ONERA

Soutenance prévue en 2021

 

Etude expérimentale de la cinétique de combustion de biocarburants issus de la biomasse lignocellulosique à hautes pressions

 

Afin de réduire la consommation et les émissions polluantes (NOx, suies) des moteurs à combustion interne, les technologies récentes visent à un fonctionnement à des températures et des concentrations en carburant réduites. Ces choix ont motivé la recherche dans le domaine complexe de la combustion aux basses températures (en dessous de 1000 K). Les mécanismes chimiques associés sont également responsables de la formation d’hydrocarbures imbrûlés que l’on retrouve à l’échappement. Pour faciliter l'émergence de vecteurs énergétiques alternatifs issus de la
biomasse, des modèles prédictifs doivent ainsi être construits et validés. En particulier, il convient de considérer les progrès récents dans la production de carburants liquides à partir de la biomasse lignocellulosique. Afin d'éclairer les mécanismes chimiques de la combustion de ceux-ci, des études expérimentales seront menées à l'aide d'une Machine à Compression Rapide (MCR). Ce réacteur de laboratoire permet d'approcher les conditions de fonctionnement d'un moteur (températures allant de 600 à 1000 K, pressions de 1 à 30 bar). Cela permet à la fois la mesure de délais d'auto-inflammation, mais aussi de prélever le milieu réactif, et ainsi d'acquérir des données de validation des modèles cinétiques globales (délais) et détaillées (profils d'espèces), ce qui n'est possible à l'heure actuelle que dans deux dispositifs au monde. Dans un premier temps, une étude systématique sur les espèces d’intérêt potentiel sera effectuée, par le biais de la mesure de délais d’inflammation. Ces résultats seront utilisés pour identifier des molécules d’intérêt, pour lesquelles une étude détaillée de la formation d’intermédiaires et de modélisation sera effectuée.

Mots clés : Biocarburants, Biomasse lignocellulosique, Combustion, Cinétique Chimique, Moteurs

Doctorante : Carolina SAMPAIO MERGULHAO

Direction de thèse : Guillaume Vanhove

Financement : ADEME / Région Hauts de France.

Soutenance prévue en 2020.

 

Impact du dihydrogène sur les processus de nucléation des particules de suies

 

Des études récentes ont pu montrer que l’impact cinétique du dihydrogène sur l’oxydation du méthane dans les conditions de flamme ne se traduit pas nécessairement par la réduction d’espèces hydrocarbonées. Dans certaines conditions, l’effet peut même être le contraire, et notamment sur la formation des premiers cycles aromatiques et ses précurseurs aliphatiques. Ce rôle ambigu de l’hydrogène doit être davantage exploré sur le plan expérimental et de modélisation d’autant plus que l’on note un regain d’intérêt croissant par rapport à l’hydrogène ces dernières années. Dans ce projet de thèse, il est proposé des mesures locales très fines (profils de température et de fraction molaires d’espèces chimiques, profils de fraction volumique des suies) dans des flammes de prémélanges bien contrôlées. Ces mesures seront notamment réalisées sur des flammes d’hydrocarbures supérieurs (butane) dites de « nucléation » en présence et en absence d’hydrogène en proportions variable. Il semble en effet acquis que l’impact de l’hydrogène est fortement lié à sa teneur présente dans le système réactif initial au voisinage de la stœchiométrie. Il serait intéressant d’examiner cet impact dans le cas des flammes à la limite de production des particules des suies. Les études en cours au laboratoire semblent dégager une propriété particulière de ces flammes, à savoir que les particules qui y sont produites ne subissent aucune croissance. En supposant  que cette caractéristique est engendrée par un état stationnaire entre les processus de formation des premières particules de suies d’une part, et des processus d’oxydation d’autre part, l’enrichissement des flammes en dihydrogène devrait perturber fortement ce supposé état stationnaire. La présence de H2 devrait en effet impacter significativement l’évolution relative des espèces actives notamment H et OH. Il est ainsi attendu que les processus d’oxydation soient défavorisés en raison d’une réduction des radicaux OH et que les processus de croissance par réaction de surface par le mécanisme HACA soient au contraire favorisés, en raison notamment de la forte sensibilité de ce dernier au rapport H/H2.     

L’aspect expérimental reposera sur des techniques classiques telles que le couplage GC-M, mais aussi sur des techniques de diagnostic laser comme la LIF ou LII. Ces résultats permettront de poursuivre le développement et la validation d’un mécanisme cinétique détaillé en phase gaz et le développement d’un code de suies basé sur la méthode de sections.

Le candidat recherché devra justifier d’une formation en chimie, physique ou physico-chimie avec de solides bases en cinétique chimique.

Mots clés : Suies - Hydrocarbures aromatiques polycycliques -  Flammes - Hydrogène – Modélisation cinétique.

Programmes de recherche en lien avec le Labex CaPPA  et le CPER CLIMIBIO

Doctorant : Quan Hong DO

Direction de thèse : A. El Bakali, X. Mercier

Financement : 50% Labex CaPPA, 50% Région Hauts de France

Soutenance prévue en 2019

 

 

Liste des Post-Docs en cours

Optimization of multi-line laser induced fluorescence (LIF) thermometry technique for application in different flames

Context

Laser induced fluorescence (LIF) is a laser diagnostic allowing in situ measurements of flame temperature. The technique relies on the excitation of several rovibronic transitions of a fluorescent molecule using a tunable laser source and to the subsequent collection of the fluorescence signal. Among the species used for thermometry, NO is a good candidate because this molecule can be seeded as a tracer in the reactive mixture, allowing the measurement of the complete temperature profile from the burner surface to the burnt gases. NO LIF thermometry was shown to be well suited for stationary flames from low pressure to high pressure and from non sooting to sooting flames.

Several procedures were proposed in the literature aiming to improve the accuracy of multi-line LIF thermometry while reducing the duration of the spectral scan. However we observed* in different investigations that we performed at PC2A that this accuracy is very dependent on the selected spectral range and that this spectral range needs to be adjusted according to the kind of flames.

* Lamoureux et al. Combust. Flame 157(2010)1929 ; Bejaoui et al. Appl. Phys. B118 (2015)449; El Bakali et al. Fuel 211 (2018)548

 

Objectives

The objective of the postdoctoral position is to perform a thorough investigation of the performances of the NO LIF thermometry in order to tend towards a universal procedure that could be applied in a large range of combustion conditions. The postdoctoral researcher will have an already complete operating LIF thermometry set-up composed by a frequency-doubled Nd:YAG-seeded laser pumping a dye laser, an imaging spectrometer, a camera ICCD, a fast oscilloscope and a PMT. The experiment and data acquisition is driven through Labview program. Several burners and flame conditions will be available. Signal post-treatment and spectral simulation tools will be applied. The optimization of the experimental procedure will rely partly on the achievement of the best fit between the experimental excitation LIF spectrum and a library of simulated spectra calculated on a large range of temperatures.

The postdoctoral researcher will be supported by the laser diagnostics team. However he/she will take part in the combustion team, involved in various chemical flame structure studies. The temperature profiles being crucial data for flame modelling, the postdoctoral researcher will be associated in several projects in parallel.

 

Position details: This work is supported by CPER CLIMIBIO

Post-Doc : Kae Ken FOO

Responsables scientifiques : Pascale Desgroux, Nathalie Lamoureux

 

Mesure de délais d'auto-inflammation de carburants automobiles

 

Présentation du poste :

Responsable scientifique : Guillaume Vanhove

Personne recrutée : Hwasup Song

Prise de fonction :